Le jour d’avant

Les textes bibliques de la liturgie de ce 7° dim. de Pâques nous montrent Jésus prier le jeudi saint au soir, juste avant son arrestation, et les disciples prier dix jours avant la Pentecôte, juste avant de recevoir l’Esprit Saint. Pour l’un et pour les autres, c’est le jour d’avant. Avant l’accomplissement du mystère pascal, Jésus demande la glorification, la résurrection. Avant la Pentecôte, les disciples prient pour accueillir l’Esprit. Puissions-nous prier nous aussi tout au long de cette semaine…

Paroles du pape François avant le Regina Caeli

Chers frères et sœurs, bonjour!

On célèbre aujourd’hui en Italie et dans d’autres pays la solennité de l’Ascension du Seigneur. Le passage de l’évangile (cf. Mt 28, 16-20) nous montre les apôtres qui se réunissent en Galilée, « sur la montagne que Jésus leur avait indiquée » (v. 16). C’est là qu’a lieu la dernière rencontre du Seigneur ressuscité avec les siens, sur la montagne. La «montagne» a une forte charge symbolique, évocatrice. Sur une montagne, Jésus a proclamé les Béatitudes (cf. Mt 5,1-12); dans les montagnes, il se retirait pour prier (cf. Mt 14, 23); là, il a accueillait les foules et il guérissait les malades (cf. Mt 15, 29). Mais cette fois, sur la montagne, ce n’est plus le Maître qui agit et enseigne, mais il est le Ressuscité qui demande aux disciples d’agir et d’annoncer, en leur confiant la mission de continuer son œuvre.

Il les investit d’une mission auprès de tous les peuples. Il dit: « Allez donc faire des disciples de tous les peuples, en les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, en leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé » (vv. 19-20). Les contenus de la mission confiée aux apôtres est le suivant: annoncer, baptiser, enseigner et marcher sur le chemin tracé par le Maître, c’est-à-dire l’Évangile vivant. Ce message de salut implique avant tout le devoir du témoignage – sans témoignage on ne peut annoncer – auquel nous aussi, les disciples d’aujourd’hui, nous sommes également appelés à rendre compte de notre foi. Face à une tâche aussi exigeante, et en pensant à nos faiblesses, nous nous sentons inadéquats, comme les apôtres eux-mêmes se sont certainement sentis. Mais il ne faut pas se décourager, en se souvenant des paroles que Jésus leur a adressées avant son Ascension au ciel: « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (v. 20).

Cette promesse assure de la présence constante et consolante de Jésus parmi nous. Mais comment se réalise cette présence? Par son Esprit, qui conduit l’Église à marcher dans l’histoire comme compagne de route de tout homme. Cet Esprit qui, envoyé par le Christ et par le Père, opère la rémission des péchés et sanctifie tous ceux qui, repentis, s’ouvrent avec confiance à son don. Avec la promesse de rester avec nous jusqu’à la fin des temps, Jésus inaugure le style de sa présence dans le monde en tant que Ressuscité. Jésus est présent dans le monde mais avec un autre style, le style du Ressuscité, c’est-à-dire une présence qui se révèle dans la Parole, dans les sacrements, dans l’action constante et intérieure de l’Esprit Saint. La fête de l’Ascension nous dit que Jésus, bien que monté au Ciel pour demeurer glorieux à la droite du Père, est encore et toujours parmi nous: de là découlent notre force, notre persévérance et notre joie, précisément de la présence de Jésus parmi nous avec la puissance de l’Esprit Saint.

Que la Vierge Marie accompagne notre chemin de sa protection maternelle: apprenons d’elle la douceur et le courage d’être témoins dans le monde du Seigneur ressuscité.