Le pape François à propos de Medjugorje :

des « miracles » en même temps qu’un « manque de discernement »

A Medjurgoje, il y a eu un « manque de discernement »:  c’est ce que diagnostique le pape François dans un livre-entretien, en italien, en dialogue avec le prêtre brésilien Alexandre Awi Mello, secrétaire – « numéro 2 » – du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Le livre a pour titre: « C’est ma mère. Rencontres avec Marie » (“È mia madre. Incontri con Maria”, éditions Città Nuova), et il sort en librairie ce 18 octobre 2018, en Italie.

Dans des extraits rapportés par l’agence SIR, de la Conférence épiscopale italienne, le pape se confie sur Medjugorje, connu comme lieu de pèlerinage marial, en Bosnie-Herzégovine. Le pape reconnaît les grâces vécues par les pèlerins, il reconnaît que des « miracles » se produisent, mais il invite à affiner le discernement quant aux « messages » présumés de la Vierge Marie, citant son expérience à Buenos Aires.

Le pape redit notamment ce qu’il avait déjà confié dans des homélies: « Cela m’ennuie quand ils viennent avec les messages. La Vierge n’a pas du tout de bureau postal ! » Les messages, précise-t-il, sont des « locutions internes qu’a une personne donnée d’une façon particulière. »

Il souligne quelques critères de discernement pour les apparitions, dont « l’obéissance de la personne à l’Eglise ». « Quand j’étais à Buenos Aires, raconte-t-il, j’ai interdit une réunion qui s’est quand même déroulée. Mais ils savaient que je n’étais pas d’accord ». L’archevêque Jorge Mario Bergoglio s’y était opposé car un « voyant » devait venir y parler « et il aurait un peu tout expliqué et à 16h30 la Vierge serait apparue. C’est-à-dire qu’il avait l’agenda de la Vierge Marie. Alors j’ai dit : non, je ne veux pas de ce genre de chose. J’ai dit non, pas dans l’église ».

Dieu continue à faire des miracles

Le pape reconnaît en même temps que des « miracles » se produisent à Medjugorje, ce qui n’implique pas qu’il y ait des « apparitions »: « Il faut distinguer cependant, parce que malgré cela, Dieu fait des miracles à Medjugorje. Au milieu des folies de l’homme, Dieu continue à faire des miracles. »

Pour le pape, « il y a peut-être des phénomènes plus personnels » à Medjugorje : « Je reçois des lettres ici, mais on comprend qu’il s’agit de choses surtout psychologiques. Il faut bien distinguer les choses. Je crois qu’à Medjugorje il y a la grâce. On ne peut pas le nier. Il y a des personnes qui se convertissent. Mais il y a aussi un manque de discernement et je ne veux pas dire péché, parce qu’on ne sait jamais à quel point c’est un péché, mais, du moins, un manque de discernement. »

En 2010, le pape Benoît XVI avait créé une Commission d’enquête internationale, au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi. La responsabilité de statuer sur ces apparitions présumées qui auraient commencé en 1981, passait ainsi de la juridiction de l’évêque local à celle de la congrégation romaine. En juin 2015, le pape François a annoncé lui-même, lors d’une conférence de presse de retour de Sarajevo, que les conclusions de l’enquête lui avaient été récemment remises.

En mai dernier, il a nommé Mgr Henryk Hoser, archevêque émérite de Varsovie-Praga (Pologne), « visiteur apostolique à caractère spécial », avec une charge exclusivement pastorale, pour « assurer un accompagnement stable et continu de la communauté paroissiale de Medjugorje et des fidèles qui s’y rendent en pèlerinage, dont les besoins demandent une attention particulière».

Un livre écrit avec le cœur

Dans un communiqué publié par le Dicastère dont Mgr Awi Mello est secrétaire, le pape évoque ce nouveau livre sur la Vierge Marie, « écrit avec le cœur » : « Je suis heureux que mon témoignage ait servi à louer notre Mère. »

Durant l’entretien avec le pape, le prêtre brésilien a compris que « pour le pape François, le plus important est la foi mariale du ‘saint peuple fidèle de Dieu’ qui nous enseigne à aimer Marie au-delà de la réflexion théologique’, écrit le théologien argentin Carlos Maria Galli dans la préface.

Il souligne que cette « conversation » indique « les racines vitales de l’affection filiale du pape pour la Vierge Marie, mûrie au sein de sa famille et de sa formation salésienne ».

Sur le site Zenit.org