Présentation "Je voudrais ...
vous transmettre quelque
don spirituel (charisma)
qui vous affermisse"
(Romains 1,11)
Le Père Dominique Auzenet, prêtre catholique du diocèse du Mans, compose ce blog pour vous et avec vous.
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Homélie du pape François le jour de Pentecôte 19 mai 2013, en présence des membres des nouveaux mouvements ecclésiaux
Chers frères et sœurs,
En ce jour, nous contemplons et revivons dans la liturgie l’effusion de l’Esprit Saint opérée par le Christ ressuscité sur son Église ; un évènement de grâce qui a rempli le cénacle de Jérusalem pour se répandre dans le monde entier.
Mais que se passe-t-il en ce jour si éloigné de nous, et pourtant si proche au point de rejoindre l’intime de notre cœur ? Saint Luc nous offre la réponse dans le passage des Actes des apôtres que nous avons entendu (2, 1-11). L’évangéliste nous ramène à Jérusalem, à l’étage supérieur de la maison dans laquelle sont réunis les Apôtres. Le premier élément qui attire notre attention est le fracas qui vint soudain du ciel, « pareil à celui d’un violent coup de vent » et remplit la maison ; puis « une sorte de feu qui se partageait en langues », et se posait sur chacun des Apôtres. Fracas et langues de feu sont des signes précis et concrets qui frappent les Apôtres, non seulement extérieurement, mais aussi au plus profond d’eux-mêmes : dans l’esprit et dans le cœur. La conséquence est que « tous furent remplis du Saint Esprit » qui libère son dynamisme irrésistible, avec des résultats surprenants : « Ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit ». S’ouvre alors devant nos yeux un tableau tout à fait inattendu : une grande foule se rassemble et s’émerveille parce que chacun entend parler les Apôtres dans sa propre langue. Tous font une expérience nouvelle, jamais arrivée auparavant : « Nous les entendons parler dans nos langues ». Et de quoi parlent-ils ? « Des merveilles de Dieu ».
A la lumière de ce passage des Actes, je voudrais réfléchir sur trois paroles liées à l’action de l’Esprit : nouveauté, harmonie, mission.
1. La nouveauté nous fait toujours un peu peur, parce que nous nous sentons plus rassurés si nous avons tout sous contrôle, si c’est nous-mêmes qui construisons, programmons, faisons des projets pour notre vie selon nos plans, nos sécurités, nos goûts. Et cela arrive aussi avec Dieu. Souvent, nous le suivons, nous l’accueillons, mais jusqu’à un certain point ; il nous est difficile de nous abandonner à Lui avec pleine confiance, laissant l’Esprit Saint être l’âme, le guide de notre vie dans tous les choix ; nous avons peur que Dieu nous fasse parcourir des chemins nouveaux, nous fasse sortir de notre horizon souvent limité, fermé, égoïste, pour nous ouvrir à ses horizons. Mais, dans toute l’histoire du salut, quand Dieu se révèle, il apporte la nouveauté – Dieu apporte toujours la nouveauté -, il transforme et demande de se confier totalement à Lui : Noé construit une arche, raillé par tous, et il se sauve ; Abraham laisse sa terre avec seulement une promesse en main ; Moïse affronte la puissance du pharaon et guide le peuple vers la liberté ; les Apôtres, craintifs et enfermés dans le cénacle, sortent avec courage pour annoncer l’Évangile. Ce n’est pas la nouveauté pour la nouveauté, la recherche du nouveau pour dépasser l’ennui, comme il arrive souvent de nos jours. La nouveauté que Dieu apporte dans notre vie est ce qui vraiment nous réalise, ce qui nous donne la vraie joie, la vraie sérénité, parce que Dieu nous aime et veut seulement notre bien. Demandons-nous aujourd’hui: sommes-nous ouverts aux « surprises de Dieu » ? Ou bien nous fermons-nous, avec peur, à la nouveauté de l’Esprit Saint ? Sommes-nous courageux pour aller par les nouveaux chemins que la nouveauté de Dieu nous offre ou bien nous défendons-nous, enfermés dans des structures caduques qui ont perdu la capacité d’accueil ? Cela nous fera du bien de nous poser cette question durant toute la journée.
2. Une seconde idée : l’Esprit Saint, apparemment, semble créer du désordre dans l’Église, parce qu’il apporte la diversité des charismes, des dons ; mais tout cela au contraire, sous son action, est une grande richesse, parce que l’Esprit Saint est l’Esprit d’unité, qui ne signifie pas uniformité, mais ramène le tout à l’harmonie. Dans l’Église, c’est l’Esprit Saint qui la fait, l’harmonie. Un des Pères de l’Église a une expression qui me plaît beaucoup : l’Esprit Saint « ipse harmonia est ». Il est précisément l’harmonie. Lui seul peut susciter la diversité, la pluralité, la multiplicité et, en même temps, opérer l’unité. Ici aussi, quand c’est nous qui voulons faire la diversité et que nous nous fermons sur nos particularismes, sur nos exclusivismes, nous apportons la division ; et quand c’est nous qui voulons faire l’unité selon nos desseins humains, nous finissons par apporter l’uniformité, l’homogénéité. Si au contraire, nous nous laissons guider par l’Esprit, la richesse, la variété, la diversité ne deviennent jamais conflit, parce qu’il nous pousse à vivre la variété dans la communion de l’Église. Le fait de marcher ensemble dans l’Église, guidés par les pasteurs qui ont un charisme et un ministère particuliers, est signe de l’action de l’Esprit Saint ; l’ecclésialité est une caractéristique fondamentale pour chaque chrétien, pour chaque communauté, pour chaque mouvement. C’est l’Église qui me porte le Christ et qui me porte au Christ ; les chemins parallèles sont dangereux ! Quand on s’aventure, en allant au-delà de (proagon) la doctrine et de la Communauté ecclésiale – dit l’Apôtre Jean dans sa deuxième lettre – et qu’on ne demeure pas en elles, on ne s’est pas unis au Dieu de Jésus Christ (cf. 2 Jn 1, 9). Demandons-nous alors : suis-je ouvert à l’harmonie de l’Esprit Saint, en dépassant tout exclusivisme ? Est-ce que je me laisse guider par lui en vivant dans l’Église et avec l’Église ?
3. Le dernier point. Les théologiens anciens disaient : l’âme est une espèce de bateau à voile, l’Esprit Saint est le vent qui souffle dans la voile pour le faire avancer, les impulsions et les poussées du vent sont les dons de l’Esprit. Sans sa poussée, sans sa grâce, nous n’avançons pas. L’Esprit Saint nous fait entrer dans le mystère du Dieu vivant et nous sauve du danger d’une Église gnostique et d’une Église auto-référentielle, fermée sur elle-même ; il nous pousse à ouvrir les portes pour sortir, pour annoncer et témoigner la bonne vie de l’Évangile, pour communiquer la joie de la foi, de la rencontre avec le Christ. L’Esprit Saint est l’âme de la mission. Ce qui est arrivé à Jérusalem il y a près de deux-mille ans n’est pas un événement éloigné de nous, c’est un événement qui nous rejoint, qui se fait expérience vivante en chacun de nous. La Pentecôte du cénacle de Jérusalem est le commencement, un commencement qui se prolonge. L’Esprit Saint est le don par excellence du Christ ressuscité à ses Apôtres, mais il veut qu’il parvienne à tous. Jésus, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, dit : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous » (Jn 14, 16). C’est l’Esprit Paraclet, le « Consolateur », qui donne le courage de parcourir les routes du monde en portant l’Évangile ! L’Esprit Saint nous fait voir l’horizon et nous pousse jusqu’aux périphéries existentielles pour annoncer la vie de Jésus Christ. Demandons-nous si nous avons tendance à nous enfermer en nous-mêmes, dans notre groupe, ou si nous laissons l’Esprit nous ouvrir à la mission. Rappelons-nous aujourd’hui ces trois mots: nouveauté, harmonie, mission.
La liturgie d’aujourd’hui est une grande prière que l’Église avec Jésus élève vers le Père, pour qu’il renouvelle l’effusion de l’Esprit Saint. Que chacun de nous, chaque groupe, chaque mouvement, dans l’harmonie de l’Église, se tourne vers le Père pour demander ce don. Aujourd’hui encore, comme à sa naissance, avec Marie, l’Église invoque : « Veni Sancte Spiritus ! – Viens, Esprit-Saint, pénètre le cœur de tes fidèles ! Qu’ils soient brûlés au feu de ton amour ! ». Amen.
L’argumentation la plus forte pour les athées concerne la douleur. C’est presque un cliché. Comment un Dieu plein d’amour peut-il permettre la douleur, non pas une simple rage de dents, mais une douleur vrillante, presque incessante, à mourir. Il l’a permise pour Son propre Fils.
Une douleur tellement forte relève du mystère, encore plus mystérieuse quand elle frappe des enfants. Je soupçonne que c’est ce qui a éloigné bien des gens de la foi. Est-elle moins mystérieuse quand elle frappe des petits enfants déjà touchés par une approche spéciale de Dieu ? Certes pas pour un athée. Ni même pour un mormon, ou un juif, qui n’ont pas la même attitude que nous, catholiques, devant la souffrance.
Nous croyons que la souffrance, bien comprise, nous rapproche de Dieu, aide à atténuer les douleurs du Christ, et attire notre prochain vers le salut. Quelle monstrueuse croyance pour ceux qui ne comprennent pas.
Nous vivons une époque de grands saints : le grand Jean-Paul. Mère Teresa. Padre Pio. Gianna Molla. Brendan Kelly. Margaret Leo. Audrey Stevenson.
Vous ne connaissez pas ces trois derniers ? Ce sont de tout petits saints dans la souffrance. Et il y en a encore beaucoup d’autres de par le monde, tout-petits pleins d’un immense sens du divin, même dans la petite enfance, qui ont terriblement souffert de maladies, d’affections, mais ont offert leur souffrance au profit des autres, pour le Christ, et sont morts jeunes. Audrey Stevenson est née en 1983 dans une famille catholique peu pratiquante — on ne disait même pas le benedicite en passant à table. Agée de trois ans quand la famille visita la maison de Thérèse de Lisieux puis le carmel où vécut et mourut la Petite Fleur, Audrey s’écria : « je veux entrer au carmel. »
Peu après la famille s’installa dans un nouvel appartement. Audrey dessina un crucifix en jaune et le colla au mur. Elle avait mis de tels crucifix dans les chambres de la maison où ils avaient vécu les années précédentes. Un jour, Liliane, la maman d’Audrey s’aperçut qu’elle boitait. Audrey avait placé des crayons dans ses chaussures « pour s’entraîner à résister », tendance enfantine à la mortification que nul dans la famille ne lui avait enseignée.
Un jour, Audrey alla en promenade avec son grand-père vers un parc, marchant le long des boulevards, passant la Seine, traversant des carrefours dans ce Paris affairé où tous les immeubles Hausmaniens se ressemblent. Elle se perdit. Affolé, son grand-père téléphona à la maison et apprit qu’Audrey était de retour. Elle déclara avoir suivi Jésus pour rentrer à la maison.
Et tout ceci arriva à une petite fille dans une famille de trois enfants pas spécialement pieuse.
Audrey institua le benedicite dans la famille. Un jour, en vacances en Bretagne, Audrey insista pour qu’on récite le benedicite. Son oncle américain Alexander Cummings la taquina : « petite Audrey, si nous devons rendre grâce au Seigneur à chaque repas, nous devrions Lui rendre grâce en tout temps, pour tout. » Et Audrey répondit : « oui, c’est bien vrai. »
Ainsi vont les récits de la piété d’Audrey. Elle vivait une foi intérieure et ouverte comme on en rencontre peu dans la vie. Sa maman disait « Audrey nous épate. Elle nous dépasse. » Elle connaissait le catéchisme sans que quiconque le lui ait enseigné. Leur curé leur conseilla de ne rien faire, simplement de la suivre. Et la famille écouta son avis.
À cinq ans, Audrey demanda à faire sa première communion. Selon la tradition en France les enfants sont admis à communier vers neuf ans. Son curé la soumit à un profond interrogatoire, puis deux autres prêtres. Ils conclurent que la fillette était prête ; la famille partit alors pour Lourdes où elle fit sa première communion.
On remarquera dans le récit de sa vie qu’elle était toute proche du Christ et qu’elle Le rapprocha des autres, d’abord de sa famille, puis d’un entourage s’élargissant sans cesse.
Le chemin que prit la foi d’Audrey vers les autres fut la maladie. Ses parents avaient le pressentiment qu’Audrey et eux-mêmes seraient soumis à une épreuve. À six ans elle fut touchée par une pneumonie et dût passer bien du temps seule tandis que sa maman et son papa s’occupaient des autres enfants. Elle passa le temps à prier et chanter. Et sa maman commença à se demander si la maladie ne serait pas une forme de mission pour Audrey. Le mal mortel survint pour ses sept ans. La leucémie. De nombreux mois de traitement, radiothérapie, chimiothérapie, ponctions lombaires, greffe de moëlle osseuse. Alors commença la mission d’Audrey, une mission qui se répandit en France et en d’autres pays.
Dans la famille et parmi des amis commença un Rosaire du mardi pour sa guérison. Une petite amorce qui se mit à croître. Des miracles se produisirent. Des petites filles apprirent à leurs papas à réciter le rosaire. Des familles entières retrouvèrent la foi. Une carte de prière pour Audrey fut diffusée dans toute la France.
À l’hôpital la souffrance d’Audrey était insoutenable. La chimiothérapie la privait de salive, ses paupières collaient à ses yeux, ses os lui faisaient mal. Elle disait et répétait « je suis crucifiée, je suis crucifiée. » Pendant les douloureuses ponctions lombaires, elle répétait : « Pour Oncle Mick, pour papa, pour les vocations. » Au cours de soins douloureux, les médecins l’ont entendue chanter des hymnes à Marie.
Après l’échec d’une greffe de moëlle osseuse Audrey vécut encore trois semaines. Sa famille l’emmena à Lourdes ; on lui fit rencontrer le pape, avec qui elle eut un long entretien privé. Vers la fin, des visiteurs venus de toute la France vinrent frapper à sa porte, demandant ses prières à leurs intentions, ce qu’elle donna en grande souffrance, citant chacun par son nom.
Audrey mourut. Son père, parrain de ma fille Gianna-Marie, rapporte qu’un prêtre venu du Mexique lui rendit visite. Ce prêtre dit : « c’est à cette petite fille française que je dois ma vocation, elle qui pria pour les vocations et mourut de la leucémie. » Jérôme répondit : « Vous êtes dans sa chambre. » Le procès en canonisation a été ouvert voici quelques années à Paris. Audrey Stevenson, prie pour nous.
Source : http://www.thecatholicthing.org/col…
« Je vous enverrai un autre Défenseur » dit Jésus en parlant du Saint Esprit…
Écouter l’homélie du dimanche 19 mai 2013, fête de la Pentecôte, à la paroisse Saint Aubin (72).
Paroles du pape François, catéchèse du mercredi 15 mai 2013
Posons-nous la question : Suis-je ouvert à l’action de l’Esprit-Saint ? Est-ce que je le prie pour qu’il me donne sa lumière et qu’il me rende plus sensible aux choses de Dieu ?
C’est une prière que nous devons faire tous les jours : « Esprit-Saint, fais que mon cœur soit ouvert à la parole de Dieu, que mon cœur soit ouvert au bien, que mon cœur soit ouvert à la beauté de Dieu tous les jours. »
Je voudrais vous poser une question à vous tous : combien parmi vous prient chaque jour l’Esprit-Saint ? Pas beaucoup sans doute, mais nous devons satisfaire ce désir de Jésus et prier chaque jour l’Esprit-Saint afin qu’il ouvre notre cœur à Jésus.
Chers frères et sœurs, nous avons besoin de nous laisser inonder par la lumière de l’Esprit-Saint, pour qu’il nous introduise dans la vérité de Dieu, qui est l’unique Seigneur de notre vie.
On n’est pas chrétien « par moments », à certains moments, dans certaines circonstances, à l’occasion de certains choix. On ne peut être chrétien comme ça, on est chrétien à tout instant ! Totalement ! La vérité du Christ, que nous enseigne et nous donne l’Esprit-Saint, intéresse totalement et pour toujours notre vie quotidienne.
Invoquons-le plus souvent, pour qu’il nous conduise sur le chemin des disciples du Christ. Invoquons-le tous les jours. Je vous fais une proposition : invoquons l’Esprit-Saint tous les jours et ainsi il nous rapprochera de Jésus-Christ.
Un nouvel article d’Aline Lizotte sur le blog de l’AFCP
En quoi le mariage homosexuel peut-il bien nuire au mariage hétérosexuel ? C’était la question du ministre de la justice à la conclusion de la présentation du projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. La loi est maintenant votée en troisième lecture. L’article premier dit : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe ». En conséquence, les mots mari et femme sont remplacés par le mot « époux », quel que soit le sexe des personnes : deux femmes sont deux époux. S’il s’agit de la relation à l’enfant, les mots père et mère sont remplacés par le mot « parents ». Deux femmes sont deux époux et deux femmes ne sont que deux parents. Grammaticalement, le genre masculin l’emporte sur le genre féminin !
Cette définition juridique de l’acte du mariage : le mariage est contracté… devient universelle. Elle s’applique autant au mariage hétérosexuel qu’à l’union homosexuelle. Cela signifie que l’altérité sexuelle n’est plus reconnue comme une composante essentielle de la définition du mariage, aussi bien pour les hétérosexuels que pour les homosexuels.
Pour les hétérosexuels comme pour les homosexuels, ce que l’on appelle maintenant « mariage » n’est donc plus un mariage ! Cette nouvelle forme juridique d’union ne peut revendiquer, de par sa nature, les propriétés du mariage : fidélité, indissolubilité, filiation. La seule similitude que cette union conserve avec le mariage traditionnel, c’est le mot. Les actes juridiques seront inscrits dans les registres sous le nom « mariage ». Mais, autant pour l’union hétérosexuelle que pour l’union homosexuelle, le « nouveau mariage » sera simplement un mot vidé de toute signification ontologique ou réelle. Le mariage comme Institution de droit naturel a tout simplement disparu, et cela aussi bien pour l’union hétérosexuelle que pour l’union homosexuelle. Car éliminer un élément essentiel à la définition d’une Institution, c’est faire disparaître la valeur réelle de cette Institution. Une peluche peut toujours être appelée « ours » ! Mais la réalité de la différence avec l’ours vivant est suffisante pour reconnaître que le même mot ne désigne pas la même définition et, par conséquent, qu’il n’a pas le même sens. Ainsi, le mariage Taubira est au mariage institutionnel ce que Teddy Bear est à l’ours polaire.
Lire la suite ici
Le mariage comme « institution de droit naturel »
Qu’en est-il de ce nouveau mariage républicain de la loi Taubira ?
La conscience chrétienne face à ce nouveau mariage
Et qu’en est-il des maires ?
La situation des baptisés
Article paru dans l’Osservatore Romano du 4 mai2013, et mis en ligne sur le site de Sandro Magister
Le théologien Inos Biffi est intervenu dans « L’Osservatore Romano » du 4 mai, avec un article qui récapitule la présence et le rôle du diable dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, aussi bien en ce qui est révélé et manifeste qu’en ce qui appartient encore à un « panorama caché » et en définitive aux « voies impénétrables » de Dieu.
Cet article est reproduit ci-dessous et il se termine sur une critique de l’idéologie actuellement prédominante qui « banalise » la personne du diable.
Une idéologie contre laquelle le pape François entend rappeler tout le monde à la réalité.
Après l’apparition de l’homme, œuvre du sixième jour de la création, voici que se manifeste la présence d’un être mystérieux et inquiétant, le serpent. Ce que celui-ci entreprend auprès de nos premiers parents et ce qu’il se promet d’obtenir d’eux surprend et déconcerte : il se propose d’insinuer en eux le soupçon vis-à-vis de Dieu, c’est-à-dire de les persuader que les interdictions que celui-ci a édictées sont dues à une jalousie de sa part, à sa crainte qu’ils ne deviennent ses égaux. Le serpent incarne, précisément aux origines du monde et de son histoire, la présence d’un être envieux : « C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde » (Livre de la Sagesse, 2, 24).
Dans le Nouveau Testament il est question de ce serpent à de nombreuses reprises. Jésus se réfère à lui en déclarant que le diable est « homicide depuis l’origine » ; qu’en lui « il n’y a pas de vérité » ; « quand il dit ses mensonges, il les tire de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge » (Jean, 8, 44). Et Jésus le définit également comme « Prince de ce monde » (Jean, 12, 31; 16, 11).
Paul affirme que « le serpent séduisit Ève en recourant à la fourberie » (2 Corinthiens, 11, 3) ; ailleurs il fait allusion à ceux se sont fourvoyés « à la suite de Satan » (1 Timothée, 5, 14). Le même apôtre parle du mode de vie à la manière du monde, dans lequel on suit « le prince de l’empire de l’air, cet esprit qui poursuit son œuvre en ceux qui résistent » (Éphésiens, 2, 2) ; il fait mention des « pièges tendus par le démon » et de la bataille que nous livrons « contre les principautés et les puissances, contre les régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal » (Éphésiens, 6, 12).
La première lettre de Pierre nomme « l’ennemi », « le diable », ou l’ »accusateur », qui « comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui il dévorera » (5, 8). Et, dans les lettres de Jean, il est question de « l’antichrist » qui doit venir (1 Jean, 2, 18) ; du « menteur » qui nie que Jésus soit le Christ ; de l’ »antichrist » qui « nie le Père et le Fils » (2, 22). Dans l’Apocalypse, il est écrit : « Alors une grande bataille s’engagea dans le ciel : Michel et ses anges combattirent le dragon. Et le dragon riposta, appuyé par ses anges, mais ils eurent le dessous et ils furent chassés du ciel. On le jeta donc, l’énorme dragon, l’antique serpent, le Diable et le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses anges y furent jetés avec lui » (12, 7-9).
*
Entre ces textes et l’exégèse de Jésus à propos du diable, homicide et menteur depuis l’origine, l’accord est parfait : il s’agit d’un être hostile à Dieu, dont il veut bouleverser la Parole, et en même temps hostile à l’homme, qu’il se propose de séduire et d’inciter à la rébellion contre le dessein de Dieu. Il est le Malin. En particulier, l’accord exégétique concerne celui à qui le diable réserve son aversion, c’est-à-dire Jésus-Christ.
Deux royautés sont ainsi opposées en une antithèse : celle de Jésus et celle du prince de ce monde. Le démon ne peut pas tolérer Jésus-Christ et il cherche à entraver par tous les moyens l’éternel plan divin conçu à son sujet. Il en est ainsi dans le désert.
Mais Jésus se proclame vainqueur de ce prince. Il déclare : « Le prince de ce monde vient ; contre moi il ne peut rien » (Jean, 14, 30) ; c’est précisément lorsque survient l’heure de Jésus, celle où il est mis en croix et monte à la droite du Père, que ce prince est abattu : « Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté à bas ». C’est dans l’effusion de l’Esprit par le Seigneur glorifié que ce prince trouve sa condamnation (Jean, 16, 11). Paul souligne particulièrement la domination du Ressuscité : en lui le Père « nous a arrachés à l’empire des ténèbres » (Colossiens, 1, 13) ; « il a dépouillé les principautés et les puissances » et « les a données en spectacle à la face du monde, en triomphant d’elles dans le Christ » (2, 15).
Le chrétien est devenu partie prenante de la domination de Jésus sur le démon : « Alors que nous étions morts par suite de nos fautes, Dieu nous a fait revivre avec le Christ. Avec lui il nous a ressuscités et nous a fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus » (Éphésiens, 2, 5-6).
Bien que définitivement vaincu par le Seigneur, le démon essaie encore de tendre des pièges à l’homme racheté, afin de le faire tomber. C’est pourquoi il faut que nous soyons vigilants. Pierre parlait de son rugissement et de sa volonté de nuire toujours agissante ; Paul nous invite à saisir le bouclier de la foi, grâce auquel nous pourrons éteindre les « flèches enflammées du Malin » (Éphésiens, 6, 16). Et Jésus lui-même nous a enseigné à prier en demandant au Père de nous délivrer du Malin (Matthieu, 5, 13).
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Les nombreuses exégèses relatives au serpent qui apparaît aux origines nous amènent à un certain nombre de considérations.
La première considération concerne “l’histoire”, achevée et réglée avant la création de l’homme, qui a consisté en l’éclatement d’une « grande guerre dans le ciel » (Apocalypse, 12, 7), autrement dit en une acceptation ou une rébellion ayant eu lieu dans le monde des anges : une acceptation ou une rébellion qui ne sont pas générales mais qui se concentrent sur l’éternel et concret projet divin que personnifie Jésus-Christ.
L’objet de l’orgueilleuse intolérance des anges rebelles, c’est Jésus, « celui qui domine toutes choses » et qui, par conséquent, les domine eux aussi. On comprend dès lors comment il se fait que la vie de Jésus soit en butte à la présence et aux machinations du diable ; et que, inversement – depuis l’annonce de sa naissance jusqu’à son ascension – elle soit accompagnée, servie et consolée par la présence des anges, qui bénéficient de son existence et qui sont vainqueurs avec lui de l’énorme dragon et de ses satellites, chassés du ciel et jetés à bas, comme l’affirmait l’Apocalypse. Jésus lui-même a affirmé qu’il avait vu « Satan tomber du ciel comme l’éclair » (Luc, 10, 18) et il a parlé du « feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu, 25, 41).
Nous avons parlé d’une histoire qui précède celle, visible, de l’homme : ce que nous en connaissons, c’est ce qui transparaît comme d’un panorama caché, qui nous dépasse et nous échappe et que, pour le moment, nous pouvons seulement présumer et deviner.
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La seconde considération est relative à l’impressionnant pouvoir dont dispose Satan : celui-ci est si fort et si tenace qu’il n’y a que la force du Fils de Dieu qui soit en mesure de le faire plier et de le mettre en déroute ; ou plutôt, la force du Fils de Dieu cloué sur la croix et donc dans un état d’extrême faiblesse humaine qui, paradoxalement, devient sans effort un pouvoir absolu. Le diable parvient à toucher tout et tout le monde mais, lorsqu’il est confronté à Jésus, il succombe tout à fait. Le Crucifié ressuscité recrée une humanité victorieuse, soustraite à l’influence perverse du Malin. La force d’attraction du pouvoir est remplacée par la force d’attraction du Christ, qui déclare : « Lorsque je serai élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi » (Jean, 12, 32). Ce n’est qu’en partageant la force de Jésus mort et glorieux que nous réussissons à nous opposer à la flatterie du serpent des origines.
Cependant il pourrait subsister une question : il ne fait pas de doute que la chute de l’ange ou celle de l’homme dépendent uniquement de la libre volonté de la créature. Ce n’est pas tout : le pardon accordé à l’homme était inclus dans l’amour miséricordieux du Père, qui prédestinait son Fils Jésus au rôle de rédempteur ; mais pourquoi l’ordre concret choisi par Dieu inclut-il cette chute et donc la réalité du péché ? Nous ne sommes pas en mesure de répondre à cette question : elle appartient à la « pensée du Seigneur », à ses « jugements insondables » et à ses « voies impénétrables » (Romains, 11, 32-34).
*
Une troisième considération est de manifester de l’étonnement face au fait que la vérité à propos du démon soit absente de la prédication et de la catéchèse. Pour ne pas parler de ces théologiens qui, d’une part, se réjouissent de ce que le concile Vatican II ait enfin déclaré que la Sainte Écriture était « l’âme de la théologie sacrée » (Dei Verbum, 24) mais qui, d’autre part, n’hésitent pas – sinon à en décider l’inexistence (comme ils le font à propos des anges) – en tout cas à négliger, parce qu’ils la jugent marginale, une donnée très claire et largement attestée dans l’Écriture elle-même comme celle qui concerne le démon, parce qu’ils y voient la personnification d’une obscure et primitive idée du mal, désormais bonne à démythifier et inacceptable.
Une telle conception est un chef d’œuvre d’idéologie et surtout elle revient à banaliser l’œuvre même du Christ et son rôle de rédempteur.
Voilà pourquoi les rappels concernant le démon qui sont présents dans les discours du pape François nous paraissent tout sauf secondaires.
Écouter l’homélie du dimanche 12 mai 2013, 7° dimanche de Pâques : Jésus prépare notre entrée dans la gloire à sa suite
« Laissons-nous inonder de la lumière du Saint Esprit pour qu’il nous introduise dans la Vérité de Dieu, qui deviendra ainsi l’unique Seigneur de nos vies.
En cette année de la foi je vous invite à prendre les moyens concrets pour vous fortifier dans la foi.
Je vous invite aussi à invoquer souvent le Saint Esprit pour qu’il approfondisse votre connaissance du Christ, afin que vous deveniez de vrais disciples.
N’ayez pas peur d’évangéliser là où vous êtes. » (Pape François, le mercredi 15 mai)
par Sandro Magister
Il y a, dans les messes célébrées par le pape François, une particularité qui suscite des questions restées jusqu’à présent sans réponse.
Lorsque vient le moment de la communion, le pape Jorge Mario Bergoglio ne la distribue pas lui-même mais il laisse à d’autres le soin de donner aux fidèles l’hostie consacrée. Il s’assied et attend que la distribution du sacrement soit achevée.
Les exceptions sont rarissimes. Aux messes solennelles, le pape, avant de s’asseoir, donne la communion à ceux qui l’assistent à l’autel. Et dernièrement, lors de la messe du Jeudi Saint, célébrée à la prison pour mineurs de Casal del Marmo, il a voulu donner lui-même la communion aux jeunes détenus qui se sont approchés pour la recevoir.
Bergoglio n’a donné, depuis qu’il est pape, aucune explication explicite à ce comportement.
Mais il y a, dans un de ses livres publié en 2010, une page qui fait pressentir les motifs qui sont à l’origine de cette attitude.
Lire la suite…
Écouter l’homélie du jour de l’Ascension à la paroisse Saint Aubin (72), 9 mai 2013.
Benoît XVI, Jésus de Nazareth, vol. 2, p. 317
Venons-en donc à la conclusion de l’Évangile de Luc. On y raconte comment Jésus apparait aux Apôtres qui, avec les deux disciples d’Emmaüs, sont réunis à Jérusalem. Il mange avec eux et leur donne quelques instructions. Les dernières phrases de l’Évangile disent: « Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu’il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. Pour eux, s’étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie, et ils étaient constamment dans le Temple à bénir Dieu » (24,50-53).
Cette conclusion nous surprend. Luc nous dit que les disciples étaient pleins de joie après que le Seigneur s’était définitivement séparé d’eux. Nous nous attendrions au contraire. Nous attendrions qu’ils soient demeurés déconcertés et tristes. Le monde n’était pas changé, Jésus s’était définitivement éloigné d’eux. Ils avaient reçu une mission apparemment irréalisable, une mission qui allait au-delà de leurs forces. Comment pouvaient-ils se présenter devant les gens à Jérusalem, en Israël, dans le monde entier et dire « Ce Jésus, qui apparemment a échoué, est au contraire notre Sauveur à nous tous » ?
Tout adieu laisse derrière lui une souffrance. Même si Jésus était parti comme une personne vivante, comment pouvait-il ne pas les rendre tristes de son congé définitif? Et pourtant on lit qu’ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie et qu’ils louaient Dieu. Comment pouvons-nous comprendre tout cela?
Ce qu’en tout cas on peut en déduire c’est que les disciples ne se sentent pas abandonnés ; ils ne retiennent pas que Jésus se soit comme évanoui dans un ciel inaccessible et loin d’eux. Évidemment ils sont certains d’une présence nouvelle de Jésus. Justement, ils sont sûrs que le Ressuscité (comme, selon Matthieu, il l’avait aussi dit) est maintenant présent au milieu d’eux d’une manière nouvelle et puissante. Ils savent que « la droite de Dieu », où il est maintenant « élevé », implique un nouveau mode de sa présence, qu’on ne peut plus perdre – le mode par lequel seul Dieu peut nous être proche.
La joie des disciples après l’« ascension » corrige notre image de cet événement. L’« ascension » n’est pas un départ dans une région lointaine du cosmos, mais elle est la proximité permanente dont les disciples font si fortement l’expérience qu’ils en tirent une joie durable.
(…)
Retournons encore une fois à la conclusion de l’Évangile de Luc. Jésus a conduit les siens près de Béthanie, nous est il dit. « Et levant les mains, il les bénit. Et il advint, comme il les bénissait, qu’il se sépara d’eux et fut emporté au ciel » (24,50s.). Jésus part en bénissant. En bénissant il s’en va et dans la bénédiction il demeure. Ses mains restent étendues sur ce monde. Les mains du Christ qui bénissent sont comme un toit qui nous protège. Mais elles sont en même temps un geste d’ouverture qui déchire le monde afin que le ciel pénètre en lui et puisse y devenir une présence.
Dans le geste des mains qui bénissent s’exprime la relation durable de Jésus avec ses disciples, avec le monde.
Dans le fait de s’en aller il vient pour nous élever au-dessus de nous-mêmes et ouvrir le monde à Dieu. Pour cela les disciples ont pu se réjouir, quand de Béthanie ils sont retournés chez eux.
Dans la foi nous savons que Jésus, en bénissant, tient ses mains étendues sur nous. Voilà la raison permanente de la joie chrétienne.
Catéchèse du pape François le mercredi 8 mai 2013
Chers frères et sœurs, bonjour !
Le temps pascal que nous sommes en train de vivre dans la joie, guidés par la liturgie de l’Église, est par excellence le temps de l’Esprit Saint donné « sans mesure » (cf. Jn 3, 34) par Jésus crucifié et ressuscité. Ce temps de grâce se conclut par la fête de la Pentecôte, où l’Église revit l’effusion de l’Esprit sur Marie et sur les apôtres réunis en prière au cénacle.
Mais qui est l’Esprit-Saint ? Dans le Credo, nous confessons avec foi : « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie ». La première vérité à laquelle nous adhérons dans le Credo est que l’Esprit-Saint est Kyrios, Seigneur. Cela signifie qu’il est vraiment Dieu comme le sont le Père et le Fils, objet, de notre part, du même acte d’adoration et de glorification que celui que nous adressons au Père et au Fils. L’Esprit Saint, en effet, est la troisième personne de la sainte Trinité ; il est le grand don du Christ ressuscité qui ouvre notre esprit et notre cœur à la foi en Jésus, le Fils envoyé par le Père, et qui nous guide à l’amitié, à la communion avec Dieu.
Mais je voudrais m’arrêter surtout sur le fait que l’Esprit Saint est la source inépuisable de la vie de Dieu en nous. L’homme de tous les temps et de tous les lieux désire une vie pleine et belle, juste et bonne, une vie qui ne soit pas menacée par la mort, mais qui puisse mûrir et grandir jusqu’à atteindre sa plénitude. L’homme est comme un marcheur qui, à travers les déserts de la vie, a soif d’une eau vive, jaillissante et fraîche, capable de désaltérer en profondeur son désir intime de lumière, d’amour, de beauté et de paix. Nous ressentons tous ce désir ! Et Jésus nous donne cette eau vive : c’est l’Esprit-Saint, qui procède du Père et que Jésus répand dans nos cœurs. « Je suis venu pour qu’on ait la vie, et qu’on l’ait surabondante », nous dit Jésus (Jn 10, 10).
Jésus promet à la Samaritaine de donner une « eau vive », en surabondance et pour toujours, à tous ceux qui le reconnaissent comme le Fils envoyé par le Père pour nous sauver (cf. Jn 4, 5-26 ; 3-17). Jésus est venu nous donner cette « eau vive » qu’est l’Esprit-Saint pour que notre vie soit guidée par Dieu, animée par Dieu, nourrie par Dieu. C’est ce que nous voulons dire, lorsque nous disons que le chrétien est un homme spirituel : le chrétien est une personne qui pense et agit selon Dieu, selon l’Esprit Saint. Mais je me pose une question : et nous, est-ce que nous pensons selon Dieu ? Est-ce que nous agissons selon Dieu ? Ou nous laissons-nous guider par beaucoup d’autres choses qui ne sont pas vraiment Dieu ? Chacun de nous doit répondre à cette question au fond de son cœur.
Nous pouvons maintenant nous demander : pourquoi cette eau peut-elle désaltérer en profondeur ? Nous savons que l’eau est essentielle à la vie ; sans eau, on meurt ; l’eau désaltère, lave, féconde la terre. Dans la Lettre aux Romains, nous trouvons cette expression : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous fut donné.» (5, 5). L’« eau vive », l’Esprit Saint, Don du Ressuscité qui fait sa demeure en nous, nous purifie, nous éclaire, nous renouvelle, nous transforme parce qu’elle nous rend participants de la vie même de Dieu qui est amour.
C’est pourquoi l’apôtre Paul affirme que la vie du chrétien est animée par l’Esprit et par les fruits de l’Esprit, qui sont « amour, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi » (Ga 5, 22-23). L’Esprit-Saint nous introduit dans la vie divine comme « fils du Fils unique ». Dans un autre passage de la Lettre aux Romains, que nous avons rappelé plusieurs fois, saint Paul le synthétise par ces mots : « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu.. Aussi bien n’avez-vous pas reçu un esprit d’esclaves pour retomber dans la crainte ; vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier : Abba ! Père ! L’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu. Enfants, et donc héritiers ; héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui. » (8, 14-17).
Voilà le don précieux que l’Esprit-Saint met dans nos cœurs : la vie même de Dieu, une vie de véritables enfants, une relation de familiarité, de liberté et de confiance dans l’amour et dans la miséricorde de Dieu, qui a aussi pour effet de nous donner un regard nouveau sur les autres, qu’ils soient proches ou lointains, que nous voyons toujours comme des frères et sœurs en Jésus, à respecter et à aimer. L’Esprit Saint nous apprend à regarder avec les yeux du Christ, à vivre notre vie comme le Christ a vécue la sienne, à comprendre la vie comme le Christ l’a comprise.
Voilà pourquoi l’eau vive qu’est l’Esprit Saint désaltère notre vie, parce qu’il nous dit que nous sommes aimés de Dieu comme des enfants, que nous pouvons aimer Dieu comme ses enfants et que, avec sa grâce, nous pouvons vivre en enfants de Dieu, comme Jésus. Et nous, écoutons-nous l’Esprit Saint ? Que nous dit l’Esprit Saint ? Il dit : Dieu t’aime. Il nous dit ceci. Dieu t’aime. Dieu t’aime vraiment. Et nous, est-ce que nous aimons Dieu et les autres, comme Jésus ? Laissons-nous guider par l’Esprit Saint, laissons-le parler à notre cœur et nous dire ceci : que Dieu est amour, que Dieu nous attend, que Dieu est le Père, il nous aime comme un véritable Père, il nous aime vraiment et ceci, seul l’Esprit Saint le dit à notre cœur. Entendons l’Esprit-Saint, écoutons-le et avançons sur ce chemin d’amour, de miséricorde et de pardon. Merci.
Le texte d’une conférence très intéressante sur le site lenversdudecor.org
Conférence prononcée en 2010 par mère Agnès Mariam de la Croix, qui répondait à l’invitation d’une association de lutte contre les dérives sectaires : quels principes les communautés religieuses « saines » utilisent-elles pour préserver l’intégrité morale et psychologique de leurs candidats, de leurs novices et de leurs religieux ? Comment doit être pensée la juste articulation entre le cheminement personnel du candidat et les exigences de la vie religieuse ?
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