Critique du livre de Dom Amorth

Recension critique du livre Confession, Mémoires de l’exorciste officiel du Vatican, du Père Gabriele Amorth, M. Lafon, Paris, 2010. Un travail du P. Jean-Baptiste Tison, de la Cté des Béatitudes.

Ce livre offre l’intérêt du témoignage d’un homme d’une longue expérience et donne quelques repères intéressants sur le plan de la pastorale de l’écoute et de l’accompagnement spirituel. Une question importante y est évoquée : « Dès les débuts de mon ministère, j’ai compris qu’il existe deux catégories de possédés, et que ces catégories s’opposent. Il y a des personnes possédées du fait de leurs erreurs, et celles qui le sont du fait de leur amour pour Dieu. Je puis le confirmer en me fondant sur les Ecritures et sur la tradition. » (p. 42).

L’ouvrage lève également le voile sur l’action occulte des esprits mauvais et sur l’enjeu encouru pour les âmes face au problème du mal. Un sujet sûrement trop peu évoqué ou souvent bien mal expliqué. Un travail critique est cependant nécessaire à la lecture d’un livre qui n’est pas sans poser question et qui fait autorité puisqu’il est le recueil des propos du plus éminent exorciste actuel.

Un sujet revient beaucoup tout au long de la lecture du livre, l’intérêt personnel du Père Amorth pour le Renouveau charismatique et pour les supposées apparitions de Medjugorje. On ne voit d’ailleurs pas ce que cela a à voir avec son ministère d’exorciste, d’autant que l’Eglise ne reconnaît pas le caractère surnaturel du phénomène (Cf. pp. 21-22 et 117).

« Nous devons aussi apprendre à travailler avec nos collègues médecins, y compris dans le champ de la santé mentale : ils peuvent apporter à l’Eglise une aide significative. Habituons-nous à nous fier à leurs affirmations, comme eux-mêmes nous font confiance. Après tout, nous poursuivons le même but, le salut de l’individu en tant que personne. » (p. 71). La complémentarité entre la médecine et le ministère d’exorciste est en effet importante, mais les deux activités ne poursuivent pas le même but. La recherche de la santé dans le domaine médical n’est pas équivalente à la recherche du salut dans le domaine spirituel. Il n’est pas rare de constater aujourd’hui une confusion entre ces deux domaines qui devraient pourtant rester parfaitement distincts. L’exorcisme n’est pas une médecine pour parler de « diagnostics » (p. 34). L’exorciste discerne si une personne rencontre un problème lié à une influence démonique et non pas une maladie. Il ne se situe pas dans une perspective médicale qui analyserait les symptômes d’une maladie, mais dans une aide pastorale qui fait appel au discernement, et en particulier au discernement des esprits.

Par ailleurs, dans le discours de Dom Amorth, le recours aux charismes semble à certains moments précéder le ministère de l’exorciste : « il était capable aussi de faire son diagnostic à partir d’une photo. A condition que l’on voie bien les yeux. » (p. 43 et p. 98). Quoi qu’il en soit, les charismes ne peuvent en rien poser des diagnostics et s’ils peuvent être une aide, ils ne doivent pas commander les ministères. Dans l’Eglise, ce sont les charismes qui doivent être soumis aux ministères et non le contraire : « Le charismatique dont je parlais tout à l’heure, ce professeur des Marches, utilise cette expression : “ils t’ont fait un maléfice de mort.” » (p. 81). Aussi fiable que soit la personne dont il est question, elle ne doit pas conduire l’exorciste qui ne peut faire une confiance aveugle à quelqu’un qui a des révélations privées ou possède un don de médiumnité. Un charisme n’est en aucun cas un pouvoir : « Il possède une sensibilité, des pouvoirs exceptionnels… et ces pouvoirs-là sont de vrais charismes. » (p. 287).

Le risque de l’orgueil est souligné dans le livre : « Le démon trouve exactement ce qu’il cherche quand il repère de l’orgueil ou de l’ambition chez l’exorciste : il a en face de lui un adversaire qui n’est pas concentré sur son ministère. » (p. 68) Cette remarque est une bonne en soi. Seulement, des affirmations comme : « j’ai sauvé par l’exorcisme des vocations de nombreux séminaristes, prêtres, religieux, religieuses… » (p. 42) ne font pas preuve d’une humilité notoire. De même, nous préférerions lire que le diable n’a pas tant peur du père Gabriele Amorth en personne, mais qu’il a peur de Dieu et du ministère que Dieu a donné à son exorciste par la délégation d’un évêque, il est donc sûrement présomptueux de dire : « J’ai toujours dit que le démon avait peur de moi et j’ai toujours dit aussi : quand il me voit, il fait dans son froc. » (p. 63).

Il y a des affirmations théologiques qui manquent de vérité dogmatique comme : « En offrant à Dieu leurs tourments, les âmes se sauvent. » (p. 55). Une phrase qui pourrait presque laisser à penser que son auteur est pélagien.

Une autre affirmation semble quant à elle quelque peu manichéenne : « si Dieu est le dieu de la vie, Satan est le dieu de la mort. » (p. 59 et p. 120) Nous ne pouvons donc sous aucun prétexte dire que Satan est le « dieu de la mort ». C’est donner trop d’importance à celui qui n’est qu’une créature déchue et qui a été vaincu par la mort du Christ en Croix. Par sa mort, le Christ est venu faire de nos morts un passage vers la vie éternelle.

L’Eglise affirme à la suite du Christ que la damnation est une possibilité, mais elle ne peut affirmer (à part le cas des anges déchus) qu’il y a des damnés en enfer : « J’ai moi-même croisé des âmes de damnés – pas de simples défunts, mais de damnés. » (p. 65) dit le Père Amorth. Non seulement il ne peut le dire, mais après tout, qu’en sait-il ? Il pourrait être abusé par les démons ? Nous devrions prudemment parler au conditionnel de ce sujet délicat.

Le risque qui existe de manière latente dans les groupes du Renouveau est de faire plus confiance à ce que les sentiments, les émotions et l’imagination ont d’irrationnel qu’à la raison. Il est donc très imprudent de tenir le type de discours qui suit, devant des personnes qui fréquentent ces grands rassemblements, car on a vite fait de donner le change à des sentiments paranoïaques : « même dans une foule nombreuse, une personne à elle seule peut nuire à ses voisins. Elle se place à côté d’une personne et lui transmet une énergie négative. Cette personne commence à rencontrer des problèmes. Et ces problèmes ne cesseront pas. » (p. 79).

Le père Amorth revient souvent dans ces récits d’expérience sur ce qui « marche » : « Personnellement, je n’ai pas le don de ces “prières dans la langue”, mais je les écoute volontiers. Et, puis, ce sont des prières qui marchent ! » (p. 112) La difficulté qui peut se rencontrer ici consiste à donner une caution absolue à l’efficacité. Ce n’est pas parce que quelque chose « marche » qu’elle est bonne en soi. L’efficacité n’est ni gage de moralité, ni gage d’authenticité. On peut en effet en douter en entendant ce récit d’expérience : « La troisième fois, l’exorcisme récité s’étant révélé inefficace, j’ai prononcé une phrase grossière inspirée des Fioretti de saint François, expression dont je me sers de temps en temps, car elle peut donner des résultats : “Saint François te chie dans la bouche !” » (p. 83). Si le ministère d’exorciste repose en bonne partie sur l’expérience, toute expérience ne peut pour autant être cautionnée. Le risque ici est de basculer dans un empirisme où ce qui marche serait obligatoirement bon, juste et vrai. Il est difficile de songer que Dieu puisse inspirer des paroles ordurières et blasphématoires pour faire sortir les gens du coma. En revanche, le démon peut se jouer des hommes en donnant une efficacité à ce qui est de l’ordre de l’inconvenant, tant sur le plan moral que sur le plan théologique.

S’il requiert des aptitudes particulières, le ministère d’exorciste ne peut être convoité par un prêtre sous prétexte qu’il estime qu’il est conscient de la nécessité du problème. Il revient à l’Evêque de discerner qui dans son diocèse peut recevoir ce ministère. L’exorcisme est un ministère qui se reçoit de l’Eglise, ce n’est pas un droit. Pourtant, le père Amorth semble ne pas comprendre pourquoi certains prêtres voient leur aspiration refusée : « On voit beaucoup de jeunes prêtres conscients du problème. Ils souhaitent s’y consacrer, mais l’évêque le leur interdit. » (p. 97). « De nombreux prêtres viennent me voir. Certains sont très doués. L’un d’eux est particulièrement actif, mais on ne lui a pas accordé la permission d’exorciser. » (p. 98). L’exorcisme étant un ministère qui demande de telles aptitudes de discernement et de vertus prudentielles, il est normal qu’il ne soit donné qu’à un petit nombre de prêtres, si cela devait se généraliser, ce serait catastrophique. De plus, il ne relève pas que d’une « permission », comme si le ministère ne relevait que d’une question d’autorisation et non pas d’autorité. L’exorciste reçoit une délégation d’autorité, il n’a le pouvoir d’exorciser que parce qu’il lui a été donné par son évêque : « Je souhaiterais vraiment que les prêtres exorcisent, dit le père Amorth. Si j’étais pape, ajoute-il, je leur accorderais à tous la permission d’exorciser. Je trouve réducteur qu’un prêtre ait le droit de consacrer, de prêcher, d’absoudre, et pas celui de chasser les démons. » (p. 114). Heureusement que Dom Amorth n’est pas Pape !

Certains critères de possession avancés par le père Amorth ne semblent pas d’une grande fiabilité. Par exemple le critère de corpulence. Il ne semble pas très sérieux de considérer que dans une personne possédée, le nombre de démons dépende de sa masse corporelle : « ils sont encore plus nombreux quand la personne est corpulente… » (p. 99).

Le père Amorth donne un conseil très important dans l’ordre de l’exorcisme : « Il ne faut jamais entrer dans une discussion avec le démon. Il faut seulement lui demander ce qui est utile à la libération. » (p. 136). Ceci est sage en effet. Seulement, à entendre ses récits, nous ne voyons pas toujours ce critère mis en œuvre. Il aurait été peut-être utile que le père Amorth précise que c’était des erreurs de jeunesse, car beaucoup d’exemples montrent une certaine curiosité envers le démon. On peut même se demander certaines fois si cela ne va pas jusqu’à la fascination.

« Je lui demandais : Pourquoi en veux-tu tellement à Jean-Paul II ? » (p. 106). En quoi cette question est-elle utile à la libération de la personne ?

« Tous les diables croient en Dieu. Et aucun d’eux n’a jamais été pratiquant. Ils se sont rebellés contre Dieu, de telle manière qu’ils ont fait un pas vers l’éternité de l’enfer. » Un exemple. J’interroge un démon : « Si tu pouvais revenir en arrière, que ferais-tu ? » J’ai posé la question plusieurs fois à différents démons, et tous ont répondu : « Je ferais exactement ce que je fais maintenant ! » (pp. 109-110). L’exemple de cette question plusieurs fois réitérée n’est pas davantage en rapport avec la libération de la personne, mais montre un intérêt pour le démon lui-même. A quoi perdre son temps dans des questions dont nous connaissons déjà la réponse sur le plan théologique ? Peut-être que certaines expressions sont mal traduites, mais quoi qu’il en soit elles ne sont pas justes sur le plan théologique. S’il est vrai que le démon croit « que » Dieu existe, il n’est pas juste de dire qu’il croit « en » lui, car « croire en » c’est « adhérer à ». Or, le démon ne confesse pas le Credo.

« Quand vas-tu t’en aller ? » demande le père Amorth. Et lui : « Quand je m’en irai, je l’emmènerai avec moi en enfer ! Elle est à moi ! C’est ma possession ! » (p. 121). Le chapitre intitulé : JE TE FERAI MOURIR se termine sur ces mots. Il est choquant de laisser le lecteur sur des propos aussi déterministes. Comme si le démon avait le pouvoir d’emmener des personnes en enfer malgré elles, et quand bien même elles auraient été imprudentes, il est important de rappeler que Dieu dans sa miséricorde est capable de venir sauver une personne au dernier moment. Ceci n’étant pas dit, le lecteur peut rester sur l’impression que le démon a un pouvoir démesuré, alors qu’il est limité par Dieu et par la liberté humaine.

« Vous avez déclaré qu’il est certes très important de baptiser les enfants rapidement après leur naissance, mais qu’il serait même utile de le faire avant… Pourquoi ? demande le journaliste à Dom Amorth. Parce que certaines personnes lancent des malédictions avant même la naissance de l’enfant. Une fois que je demandais au démon : “Depuis quand es-tu là-dedans ?”il a répondu : “j’y étais avant qu’il soit né ! ” Il arrive que le fœtus soit déjà possédé du démon. » (p. 123). Quand bien même le démon aurait pris quelques avances, cela ne détermine pas toute la vie de la personne. L’effet du baptême quand il est donné (aussi tard soit-il) est sans commune mesure avec ce que le démon a pu faire préalablement. Mais le reproche beaucoup plus fondamental que nous pouvons faire à ce passage est d’envisager un baptême prénatal. Il est invraisemblable de se poser de telles questions, vu l’évidente invalidité d’une telle démarche.

Pour reprendre le critère évoqué plus haut (p. 136), il est tout d’abord difficile de comprendre pourquoi de tels propos démoniaques nous sont rapportés dans l’exemple qui suit : « « Nombreuses sont les femmes que vous considérez comme des beautés. Eh bien ! elles sont ici avec moi, en enfer. » C’étaient des femmes qui avaient créé du scandale, des actrices qui avaient tourné dans des films pornographiques… Des millions de créatures scandaleuses. En enfer. » (p. 130). Ces considérations, hormis le fait que l’on puisse se damner à cause de la beauté sensible, ne peuvent être prises comme argent comptant. Car non seulement elles sont dites par des démons, mais de plus parce que l’Eglise ne veut pas se permettre d’affirmer qu’il y a des âmes en enfer, même si elle croit à la suite de son Seigneur qu’une âme est capable de se damner. Par ailleurs, il est très imprudent d’affirmer comme le fait le père Amorth qu’il a rencontré des âmes damnées et qu’il a parlé avec elles, car rien ne nous dit que Dieu le permette. D’autre part, il n’est pas exclu qu’une fois de plus le démon se soit joué de lui. (Cf. pp. 147-148). Rien n’est moins sûr non plus que des âmes du purgatoire aient reçu l’autorisation divine de posséder un vivant sous une forme médiumnique, que Dom Amorth ait pu converser avec elles, et qu’il ait contribué à leur libération (Cf. pp. 219-220).

S’il est vrai que la contrition sincère et le repentir est une condition essentielle pour être libéré, il n’est pas pour autant licite d’encourager durant une séance d’exorcisme les participants à faire une confession publique, et pas davantage à « confesser » des péchés de leurs ancêtres respectifs. (Cf. p. 132). La libération d’une personne ne peut tenir à de telles conditions, car ni les péchés des participants et encore moins ceux de leurs ancêtres ne peuvent être considérés comme des entraves à la libération d’une personne. Ces confusions peuvent entraîner de graves incompréhensions sur l’implication du mal et la responsabilité des personnes.

« “Tu m’as pourtant bien dit l’autre jour que tu allais sortir !” dit le père Amorth à un démon. En sommes, je l’engueulais. “Tu m’as dit : ‘je sortirai à telle heure’ et tu n’es pas sorti.” Et lui de répondre d’une voix mielleuse : “Tu ne sais donc pas que je suis un menteur ? On ne t’a pas appris ça ? Je dis des mensonges ! Je suis un fourbe ! Ils ont oublié de te l’expliquer ?” » (pp. 133-134). Cet exemple serait intéressant s’il était toutefois présenté comme une chose à ne pas faire. Tout comme l’histoire qui est relatée p. 238 : « “Tu trembles, hein quand tu entends le nom de Marie ! Elle te fais peur parce qu’elle ne t’as jamais été soumise par le péché ! Parce qu’elle n’a pas le péché originel, et parce qu’elle t’a écrasé la tête avec son fils Jésus !” Il m’interrompt : “Tu sais avec quel pied ?” Je me prends à son jeu : “Avec quel pieds ! Voyons un peu… ça m’intéresserait bien de le savoir !” Sa réponse : “Avec le pied droit.” J’insiste : “Pourquoi avec le pied droit ?” Il réplique : “Parce que c’est le plus fort et le plus résolu.” J’en reste sans voix. Puis le doute me saisit : il m’a peut-être raconté un bobard (…) “Dis donc, Lucifer ! Oui, toi ! L’autre jour, cette histoire de pied…” Le malin réplique aussitôt d’une voix glacée qui me pétrifie : “Je me moquais de toi !” Etait-ce une leçon pour m’empêcher de céder à la curiosité ? » Il faut espérer que la leçon ait été intégrée !

Il faut, à en croire son témoignage, que Dom Amorth ait chaque jour de longues conversations avec les démons. Pourtant, sa longue expérience aurait pu lui apprendre la vanité de ce type de démarche : « Tu dois lui (le Christ) obéir et tu dois obéir aussi à Lucifer ton chef. » (p. 237) dit-il à un démon ! Quel intérêt y a-t-il à renvoyer un démon à son « devoir d’obéissance » à Satan ?

Le père Amorth insiste à bien des reprises sur son attachement au Renouveau, soit. Mais nous ne pouvons ignorer que dans le Renouveau l’illuminisme n’est pas rare. Encourager des gens qui pourraient voir le démon partout et se sentir tout-puissants pour guérir et délivrer manque certainement de prudence pastorale dans un tel contexte : « Pourtant, Jésus a dit : “En mon nom, ils feront la chasse aux démons.” Il suffisait donc de croire en lui et d’agir avec foi. Or, cela reste vrai de nos jours encore. C’est pourquoi existent maintenant ces groupes du Renouveau spirituel, et aussi ces personnes particulières qui pratiquent – je ne dirais pas des exorcismes, car il faut les différencier de vrais exorcismes -, mais plutôt des “prières de libération”. Quand elles sont faites avec foi, ces prières sont d’une grande efficacité, la même en fait que les exorcismes vrais et authentiques. » (p. 242). La tentation est malheureusement courante dans le Renouveau de confondre la dimension charismatique avec l’autorité ministérielle. Même s’il différencie les « prières de libération » des « vrais et authentiques exorcismes », affirmer que l’on arrive au même résultat ou à la même efficacité manque certainement de prudence. De plus, on ne chasse pas le diable avec une prière de libération. Quant à affirmer qu’au Vatican de très hautes autorités feraient partie de sectes sataniques, (des cardinaux !!!), c’est du délire digne du Da Vinci Code ! : « En effet certaines [sectes] doivent être prises très au sérieux. Et malheureusement elles sont partout, même au Vatican, on trouve des membres de sectes sataniques. (…) Il s’agit de prêtres, d’évêques et même de cardinaux ! Je le tiens de personnes qui ont pu me le signaler pour la bonne raison qu’elles ont la possibilité de le savoir directement. Et c’est une vérité qui m’a été “confessée” à plusieurs reprises par le démon lui-même, parce que je l’y ai forcé au cours des exorcismes… » (p. 257). De tels bruits de couloirs, quand bien même viendraient-ils des couloirs de la cité vaticane n’ont certainement pas à être publiés comme étant des faits véridiques par l’exorciste officiel du Saint Siège. De plus, il est aberrant de chercher des « confirmations » auprès de personnes possédées.

Dans le Renouveau charismatique il n’est pas rare de trouver des affirmations comme celles-ci : « Le vrai guérisseur, c’est Jésus… » (p. 284). Or, Jésus n’est pas un guérisseur, il est le Sauveur et s’il lui arrive de guérir les corps, ce n’est que pour rappeler qu’il est le Rédempteur des âmes.

Cet ouvrage écrit dans un style journalistique un peu brouillon, mêle et survole des sujets profonds et graves avec une fascination pour l’extraordinaire qui manque de pudeur. Il est dommage de laisser trop souvent le lecteur sur des images impressionnantes et peu relues à la lumière de la théologie dogmatique et spirituelle. La curiosité pour le merveilleux est peut-être rassasiée, mais la compréhension du Mystère de Dieu et du cheminement spirituel ne reste en définitive que trop peu esquissée.

Père Jean-Baptiste Tison

2 thoughts on “Critique du livre de Dom Amorth”

  1. Père JB Tison, à mon humble avis votre livre est axé sur trop de critiques concernant le P Amorth, vous feriez mieux que lui à vous lire, il commet peut être des erreurs mais pourtant il fait ce qu’il peut, je pense, dans son ministère très difficile de nos jours. C’est regrettable qu’un prêtre attaque délibérément un autre prêtre et publie même un livre !

  2. Bonjour

    Je voudrais répondre au critique du père Tison sur le livre du père Amorth.

    Certes le père Amorth croie aux évènements de Medjugorge, bon pourquoi pas, mais l’Eglise ne reconnais pas ce lieu, il aurait en effet évité d’en parlait, c’est sa conviction personnelle, ensuite les renouveaux charismatiques, là par contre pourquoi la critique ?

    Deuxième critique le charisme du père Candido, il pouvait à la vu d’une photo voir certaine chose, effectivement là il y a problème de théologie humaine, mais Dieu permet cela parfois.

    A plus forte raison un prêtre au service du Seigneur.

    Troisième critique, père Amorth parle de la complémentarité, médecin et exorciste page 34, <> je trouve cela normale non ?

    Quatrième critique, »ils t’ont fait un maléfice de mort. » » (p. 81).père Tison<>

    Oui c’est vrai, mais je pense qu’il voulait montrer du doigt le mot maléfice, que bon nombre de gens utilisent pour faire du mal à son prochain.
    Autre critique assez forte du père Tison, l’orgueil que semble avoir l’exorciste, je pense qu’il parle aussi beaucoup de Jésus, qu’il agit en sans nom, il parle beaucoup aussi de la sainte Vierge Marie.

    Il y a bien des remarque que le père Tison fait par exemple celle-ci<>, drôle de réponse, les damnés, c’est pauvre pécheurs vont bien en enfers non ?

    Pour conclure je dirai que le père Amorth parle d’un péché capitale, celui de l’impureté qui conduit beaucoup en enfer, il recommande une confession constante, prier beaucoup, fortifié sa foi en Dieu.

    Je ne savais pas qu’il y avait beaucoup de maléfice en Europe et puits les exorcismes dures de plus en plus longtemps, le démon résiste et semble avoir plus de pouvoir, à cause de la pratique de nos concitoyens et le rejet de la foi chrétienne.

    Le père Amorth a dit des vérités, il parle de Jésus Christ seule sauveur et de l’existence du démon qui n’est pas un mythe.

    Merci père Don Amorth

    Philippe

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