Église : Maréchal… nous voilà !

mm_lepenAu nom de l’ouverture, on conforte la ligne dure du FN.

Sur le blog Causeur.fr on peut lire cet article, signé René Poujol et si bien titré, dont la seconde partie se termine ainsi :

(…) Car dérive il y a. Quelle que soit la volonté manifeste de Marine Le Pen de dédiaboliser le FN, le fonds de commerce idéologique reste le même. Cette apparente modération du propos a plus contribué à déculpabiliser une certaine droite catholique qu’à la convaincre vraiment de l’abandon par le FN d’un discours qui, au fond, ne l’a jamais gênée, tant elle se reconnaît dans ce fond maurassien. Celui d’une Eglise catholique dont le message spirituel importe peu dès lors qu’elle contribue au maintien de l’ordre et de la morale.

Et de son côté, l’évêque de Toulon prend donc prétexte de la présence d’un nombre grandissant de catholiques dans la mouvance bleu Marine, pour inviter… celle qui cache derrière une appartenance «décomplexée» à l’Eglise catholique, la tradition la plus dure, la moins dédiabolisée du parti créé par son grand-père.

Engager le débat, au sein de l’Eglise, dans la diversité des sensibilités que représentent les fidèles est une chose. Rencontrer, dans la discrétion, un certain nombre de leaders politiques pour les écouter et leur faire connaître les réserves que peuvent susciter leurs prises de positions ou leur programme, n’est pas inconvenant. Offrir une tribune officielle, même modérée par le contexte d’un «débat» dans l’enceinte d’une instance catholique est d’une autre nature. Ses initiateurs le savent parfaitement et, d’évidence, l’assument.

L’un des pièges récurrents de la communication est que ce que l’on prétend donner à entendre n’est pas forcément ce qui est reçu et compris. Là où Mgr Rey et ses proches plaident le principe de réalité – le vote catholique grandissant pour le FN – il y a fort à parier que l’opinion lira l’affirmation d’une conviction – on peut être bon catholique et faire ce choix-là. Ce qu’il fallait donner à penser ! Là où les responsables de l’université de la Sainte-Baume plaideront une mauvaise compréhension de leur initiative, certains – dont je suis – analyseront qu’elle fut parfaitement anticipée, voulue et orchestrée. À la barbe du corps épiscopal ! Il est pour le moins stupéfiant que cette évidence ait pu échapper aux responsables de la communication de la Conférence des évêques de France.